Tour du Beaufortin : randonnée alpine incontournable en Savoie

Randonneur avec sac à dos observant les pics montagneux enneigés
Découverte

Le Beaufortin compte parmi les massifs les moins fréquentés des Alpes françaises, et c’est précisément ce qui en fait une pépite. Le tour du Beaufortin s’étire sur environ 120 kilomètres à travers un territoire préservé, entre alpages dorés, cols sauvages et villages d’alpage authentiques. Une randonnée alpine qui mérite bien mieux que l’ombre que lui font les géants voisins — Vanoise, Mont-Blanc — qui captent toute l’attention.

À retenir

Idées principales Détails pratiques
🏔️ Massif préservé et authentique Découvrir un territoire montagnard moins fréquenté que Vanoise ou Mont-Blanc.
🧀 Économie pastorale et fromage AOP Comprendre le lien entre troupeaux de Tarines et production du Beaufort.
🚶 Tour en 6 à 7 jours Parcourir 120 kilomètres avec 8 500 mètres de dénivelé cumulé positif.
📅 Meilleure période : fin juin à septembre Éviter les neiges d’hiver et réserver refuges trois mois à l’avance.
🎒 Équipement techniques obligatoire Transporter 8 à 10 kilos avec vêtements imperméables et couverture survie.
⛰️ Niveau intermédiaire minimum Maîtriser lecture de carte et avoir expérience de 1 000 mètres dénivelé.

Le Beaufortin — un massif alpin hors des sentiers battus

Coincé entre la Tarentaise, la Maurienne et la Haute-Vallée de l’Isère, le massif du Beaufortin forme un territoire cohérent et singulier en Savoie. Son point culminant, le Signal de Bisanne à 1939 mètres, n’impressionne pas par son altitude, mais le plateau qui le porte offre un panorama à couper le souffle sur le massif du Mont-Blanc. La montagne ici, c’est avant tout une question de lumière, d’espace et de silences.

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Ce pays de l’Beaufort — la capitale du massif — tourne depuis des siècles autour de l’économie pastorale. La coopérative laitière de Beaufort, fondée en 1959, produit l’un des fromages d’alpage les plus réputés de France. Traverser ces pâturages en randonnée, c’est comprendre pourquoi cette AOP est si liée à son territoire — les troupeaux de Tarines et d’Abondances y broutent à plus de 2000 mètres d’altitude pendant l’été.

Le massif concentre aussi plusieurs lacs glaciaires magnifiques — le lac de Saint-Guérin, le lac de la Gittaz — et des gorges spectaculaires. Rien de comparable, certes, avec le gigantisme du lac de Grand Maison en Oisans, mais le charme discret des plans d’eau du Beaufortin leur confère une atmosphère presque intime.

L’itinéraire du tour — étapes, cols et villages

Le tour du Beaufortin se réalise classiquement en 6 à 7 jours de marche, avec un dénivelé cumulé positif avoisinant les 8 500 mètres. Le point de départ habituel reste le bourg de Beaufort-sur-Doron, facilement abordable depuis Albertville. L’itinéraire décrit une boucle dans le sens horaire, enchaînant cols, refuges et hameaux d’alpage.

Voici les étapes principales du parcours :

  1. Beaufort → Refuge de la Coire : montée progressive à travers les alpages, ~5h, 1 200 m D+
  2. Refuge de la Coire → Refuge du Presset — passage du col du Bresson (2 469 m), ~6h, 900 m D+
  3. Refuge du Presset → Refuge de Balme : traversée sauvage par le col de la Croix du Bonhomme (2 479 m), ~5h30
  4. Refuge de Balme → Les Chapieux → Roselend : descente vers le lac de Roselend, ~5h
  5. Roselend → Signal de Bisanne → Hauteluce — crêtes panoramiques, ~6h, 850 m D+
  6. Hauteluce → Arêches → Beaufort : retour par les villages traditionnels savoyards, ~4h30
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Franchement, l’étape entre le refuge du Presset et la Croix du Bonhomme représente le tronçon le plus engagé. Les pierriers sont instables, le balisage se perd par mauvais temps. C’est beau, mais il faut rester concentré. Ne partez pas sur cette portion avec un ciel menaçant.

Étape Distance Dénivelé + Difficulté
Beaufort → Refuge de la Coire 14 km 1 200 m Modérée
Refuge de la Coire → Refuge du Presset 12 km 900 m Modérée
Refuge du Presset → Refuge de Balme 16 km 1 050 m Difficile
Roselend → Signal de Bisanne → Hauteluce 18 km 850 m Modérée

Meilleure saison et niveau requis pour randonner dans le Beaufortin

La fenêtre optimale s’ouvre de fin juin à mi-septembre. Avant le 20 juin, les cols peuvent encore retenir de la neige en versant nord, ce qui modifie certains passages en exercice de progression sur neige — sans crampons, c’est risqué. Après mi-septembre, les nuits descendent sous zéro en altitude et les refuges gardés ferment progressivement.

Niveau requis : le tour du Beaufortin n’est pas un trek pour débutants. Il faut maîtriser la lecture de carte, savoir utiliser un altimètre et avoir déjà plusieurs sorties avec 1 000 m de dénivelé en jambes. Si vous débutez en randonnée alpine, entraînez-vous d’abord sur des boucles d’une journée — par exemple autour du lac et refuge de la Muzelle en Isère — avant d’envisager un tour de plusieurs jours.

Les refuges acceptent les réservations en ligne. En juillet-août, ils affichent complet dès mars. Pour les refuges du Presset et de la Coire, réservez au minimum 3 mois à l’avance. Je dis ça d’expérience — se retrouver sans hébergement à 2 400 mètres un soir d’orage, c’est une aventure que personne ne souhaite vraiment vivre.

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Préparer son équipement et sa sécurité pour le tour

Un tour de plusieurs jours en haute montagne savoyarde exige un sac bien pensé. Le poids idéal tourne autour de 8 à 10 kg chargé — au-delà, vos genoux paieront la note sur les longues descentes en pierrier. Prévoyez des couches imperméables même en plein été : les orages de chaleur arrivent vite sur les crêtes du Beaufortin.

Pour l’équipement textile, privilégiez les matières techniques respirantes et séchantes. Les marques spécialisées en vêtements techniques pour la montagne proposent aujourd’hui des solutions légères et performantes, que ce soit chez Ortovox, Mammut ou Patagonia. Ne partez pas avec un coupe-vent de trail leger : un vrai vêtement imperméable avec coutures soudées est non négociable ici.

Côté sécurité, emportez systématiquement une couverture de survie, une pharmacie de base et — point souvent négligé — une batterie externe pour votre téléphone. Le réseau est capricieux sur ce massif, mais l’application Géoportail en mode hors-ligne peut vous sauver la mise dans le brouillard. Signalez toujours votre itinéraire à un proche avant chaque étape.

jonathan ROBERT

Jonathan ROBERT

Jonathan Robert est rédacteur spécialisé dans l’univers du running, du trail et des sports d’endurance. Passionné de course à pied et d’événements sportifs, il partage des conseils pratiques, des guides et des contenus dédiés aux passionnés de sport outdoor.

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