UTMB 2025 : « C’est insensé »… Abandon de D’Haene, 10e place de Dauwalter, la planète ultra-trail a flanché

course-a-pied-avec-un-homme-en-souffrance
Courses

L’édition 2025 de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) restera gravée dans les mémoires comme celle des surprises et des bouleversements. Les records et performances extraordinaires ont laissé place à un récit mêlant abandon, résilience et l’apparition de nouvelles étoiles qui redessinent la hiérarchie mondiale du trail.

Quand les légendes fraternisent avec l’adversité

Il y a des jours où même les meilleurs vacillent. C’est exactement ce que la planète ultra-trail a vécu avec François D’Haene et Courtney Dauwalter, jusqu’ici invaincus sur l’UTMB. Deux noms légendaires, deux récits marqués par la douleur physique et des contre-performances improbables.

Le quadruple vainqueur de l’UTMB, François D’Haene, a été contraint à l’abandon après seulement 68 kilomètres, terrassé par une douleur vive à la jambe droite. Cette blessure, apparue avant la course, a anéanti les ambitions du Savoyard. Malgré toute sa détermination, il a dû tirer un trait sur sa participation dans une nuit glaciale au lac Combal.

De son côté, Courtney Dauwalter, souvent décrite comme la « GOAT » (Greatest of All Time), semblait partie pour un quatrième sacre. Mais des jambes tétanisées et une incapacité totale à courir en descente ont mis fin à son règne. L’Américaine, qui a dominé chaque édition impaire à Chamonix depuis 2019, s’est effondrée pour terminer à une inattendue 10e place, loin derrière la championne néo-zélandaise Ruth Croft.

À découvrir également :  Vitesse moyenne course à pied débutant : trouvez le rythme

Une nouvelle génération de héros émerge

Ces déconvenues ont offert une opportunité unique à la nouvelle génération. L’Anglais Tom Evans a saisi sa chance avec brio pour inscrire son nom dans l’histoire de l’UTMB. Impressionnant de maîtrise, Evans a enchaîné les kilomètres avec un calme olympien pour triompher à Chamonix ce samedi.

Interrogé sur sa performance, le Britannique, particulièrement ému, a rendu hommage à son idole, François D’Haene :

« J’avais demandé un autographe à François en 2017. Aujourd’hui, pouvoir courir à ses côtés est un privilège immense. Ce n’est pas seulement un athlète d’exception, c’est une légende absolue. »

Un propos partagé par le meilleur Français de cette édition, Thibaut Garrivier, cinquième au classement final :

« François est une inspiration. Sa carrière nous incite à viser toujours plus haut, mais ce sport reste imprévisible… même pour les meilleurs. »

Une course marquée par des conditions extrêmes

Cette 22e édition n’a pas été tendre avec les coureurs. Les températures glaciales ressenties au col du Bonhomme, allant jusqu’à -7 °C, ont transformé les sentiers en véritables épreuves de survie.

Dans ces conditions hostiles, des surprises ont illuminé la compétition, notamment du côté de l’ultra-trail féminin français. Maëlle Deruaz, 30 ans, a défié ses propres limites pour terminer à une incroyable cinquième place après une remontée spectaculaire. Partie dans la difficulté, elle a grimpé plus de 30 places entre les Chapieux et l’arrivée, portée par une ténacité hors du commun.

« Depuis les Chapieux, j’étais comme Pac-Man, avalant les places une à une », s’amuse la coureuse, qui n’en revient toujours pas d’avoir terminé devant des géantes comme Dauwalter.

À découvrir également :  Randonnée en Irlande : Guide complet pour tous les niveaux

La montée en puissance des jeunes traileurs

Cette édition marque également un changement de paradigme dans le monde du trail. Comme le résume Julien Chorier, ancien coureur élite et directeur sportif de l’UTMB :

« Le trail devient de plus en plus international. Et les jeunes n’ont plus peur de jouer la victoire. Ils foncent dès le départ, avec une ambition décomplexée. »

Théo Detienne, 25 ans, incarne cette nouvelle vague de compétiteurs déterminés. Ses accélérations, dès les premiers kilomètres, ont dynamisé la course face à des favoris plus expérimentés.

La fin du mythe de l’invincibilité

Le mythe d’une domination incontestée, autrefois associé à des icônes comme Kilian Jornet ou François D’Haene, semble révolu. Pendant longtemps, leurs présences suffisaient à intimider la concurrence. Mais cette époque, parfois qualifiée de « syndrome Tyson » dans le trail, appartient désormais au passé.

Les jeunes prétendants s’autorisent à rêver, même face à des légendes encore en activité. Julien Chorier le confirme :

« Les mentalités ont changé. Terminer deuxième derrière François ou Kilian n’est plus la seule option. Chaque coureur se dit qu’il peut gagner, et il en a souvent les moyens. »

Une résilience qui continue d’inspirer

Malgré l’adversité, l’histoire de D’Haene et Dauwalter est loin d’être terminée. Ces deux athlètes exemplaires ont prouvé à de nombreuses reprises leur capacité à se relever après des échecs.

Julien Chorier est catégorique :

« François et Courtney ont connu un coup dur ici, mais ils sont encore au niveau. Leur palmarès est la preuve de leur résilience. Regardez Ludovic Pommeret, 6e à presque 50 ans. Ils ont encore beaucoup à offrir à ce sport. »

À découvrir également :  Vivez le Semi-Marathon de Milan 2025: Sport, Passion et Défi

La performance de Pommeret, qui avait enchaîné Hardrock 100, UTMB, puis la Diagonale des Fous dans un laps de temps incroyablement court, démontre que les limites dans le trail restent infiniment extensibles.

UTMB 2025 : une édition inoubliable

Entre surprises, records personnels et abandons déchirants, l’UTMB 2025 restera gravé comme une édition de transition. Les grands champions ont trébuché, donnant la lumière à de nouveaux visages tout en continuant d’inspirer.

Ce sport, qui mêle effort physique titanesque et introspection mentale intense, continue de surprendre par sa capacité à repousser les frontières de ce que l’humain peut accomplir. Une chose est certaine : les sentiers de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc sont plus vivants, compétitifs et vibrants que jamais.

Articles à la une

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *