Premier français champion du monde (inattendu) : Jimmy Gressier en or du 10 000m aux championnats du monde d’athlétisme

Coureur en t-shirt blanc qui arrive la course et passe la ligne d’arrivée
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À 28 ans, Jimmy Gressier a réalisé ce que peu croyaient possible : devenir champion du monde du 10 000 mètres à Tokyo, le 14 septembre 2025. En 28 min 55 s 77, le Boulonnais a coiffé sur le fil l’Éthiopien Yomif Kejelcha et le Suédois Andreas Almgren. Une victoire au scénario improbable, mais qui replace l’athlétisme tricolore sous les projecteurs après des années de disette.

Une finale tactique et historique

La course restera dans les annales comme la finale la plus lente de l’histoire des Mondiaux. Un rythme inhabituellement bas, qui a transformé l’épreuve en duel stratégique. Gressier, réputé pour son finish puissant, a parfaitement tiré profit de ce contexte. Sur les 800 derniers mètres, il a placé une accélération décisive, rappelant le panache de Pierre-Ambroise Bosse, sacré champion du monde du 800 m en 2017.

« C’est mon rêve de gamin. Ce titre, on ne me l’enlèvera jamais », a-t-il confié, les yeux brillants, au micro de France 2.

Le troisième Européen à réussir l’exploit

Dans une discipline ultra-dominée par les coureurs africains, Gressier devient seulement le troisième Européen à décrocher un titre mondial sur 10 000 m, après Alberto Cova en 1983 et Mo Farah en 2013, 2015 et 2017. Son sacre fait de lui le neuvième champion du monde français en individuel, offrant à la France son quinzième titre planétaire.

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Un exploit d’autant plus retentissant que Gressier n’était jamais monté sur un podium mondial senior avant Tokyo.

Un parcours inspirant : du foot au tartan

Originaire du quartier populaire du Chemin-Vert à Boulogne-sur-Mer, le même que Franck Ribéry, Gressier a longtemps rêvé d’une carrière de footballeur. Finalement, c’est sur la piste qu’il a trouvé sa voie. Champion d’Europe du semi-marathon, il ne s’était pourtant jamais imaginé rivaliser avec les meilleurs Africains :

« Sur ces distances, c’est très compliqué de faire face aux athlètes des hauts plateaux. Mais j’ai continué à croire en moi », déclarait-il avant les Mondiaux.

Cette persévérance, alliée à un travail acharné, lui a permis de transformer ses rêves en réalité.

Un modèle de travail et de résilience

Le chemin vers le sommet n’a pas été simple. Gressier a dû surmonter des déceptions sportives — 4e et 5e places aux championnats d’Europe — mais aussi des épreuves extra-sportives. En 2024, il avait été visé par une enquête pour harcèlement sexuel, classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Un épisode qu’il n’a pas éludé :

« Ça n’a pas été facile ces derniers temps, mais ce titre prouve que le travail paie », a-t-il insisté.

Une victoire préparée de longue date

Depuis des mois, Gressier enchaînait les signaux positifs. Le 28 août 2025, il avait remporté la finale du 3 000 m de la Ligue de diamant à Zurich, prouvant qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs. Cette victoire avait déjà éveillé les espoirs, mais lui-même n’y croyait qu’à moitié :

« Je pensais avoir 10 % de chance de gagner », avouait-il.

À Tokyo, ce mince pourcentage s’est transformé en réalité éclatante.

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Et maintenant, cap sur le 5 000 m ?

L’histoire n’est peut-être pas terminée. Quelques jours après son sacre, Jimmy Gressier pourrait s’aligner en finale du 5 000 m, s’il franchit les séries. Loin d’être rassasié, il a annoncé vouloir « réaliser une deuxième super course ».

Sa détermination laisse présager que le meilleur est encore à venir.

Un souffle nouveau pour l’athlétisme français

Le sacre de Gressier ne se résume pas à une victoire individuelle. Il symbolise le retour de l’athlétisme français sur la scène mondiale, rappelant l’époque glorieuse de Marie-José Pérec, première championne du monde française en 1991 à Tokyo.

Avec son énergie brute, son parcours atypique et son discours authentique, Gressier devient une figure inspirante, capable d’attirer une nouvelle génération vers la course de fond.

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