Le permis à points est censé responsabiliser les automobilistes et renforcer la sécurité routière. Mais face à la peur de perdre leur droit de conduire, certains n’hésitent pas à franchir la ligne rouge. Depuis quelques années, une méthode illégale et choquante circule : utiliser l’identité de personnes décédées pour éviter de se voir retirer des points. Une pratique que certains qualifient d’inhumaine, mais qui attire de plus en plus de fraudeurs. Comment fonctionne ce stratagème ? Quels risques encourent ceux qui y ont recours ? Et surtout, quelles alternatives légales existent pour protéger son permis ?
Sommaire
- 1 Pourquoi perdre des points est devenu une obsession
- 2 L’astuce macabre : désigner un défunt comme conducteur
- 3 Le trafic de points des défunts : un marché clandestin
- 4 Pourquoi ces failles existent-elles encore ?
- 5 Les sanctions prévues par la loi
- 6 Les conséquences professionnelles et personnelles
- 7 Les contrôles se renforcent
- 8 Quelles alternatives légales pour récupérer ses points ?
- 9 Un choix entre la légalité et la fraude
Pourquoi perdre des points est devenu une obsession
Perdre des points, c’est perdre bien plus qu’un chiffre sur un papier rose. Pour beaucoup d’automobilistes, chaque infraction est synonyme d’angoisse. Un excès de vitesse, un feu rouge grillé… et c’est parfois la suspension, voire l’annulation du permis. Or, sans permis, difficile d’aller travailler, d’emmener les enfants à l’école ou de garder une autonomie au quotidien.
Pas étonnant donc que certains cherchent des moyens détournés pour préserver leur permis. Entre les stages de récupération officiels et les astuces douteuses proposées sur internet, la frontière entre légalité et fraude devient de plus en plus floue.
L’astuce macabre : désigner un défunt comme conducteur
La méthode la plus choquante ? Déclarer qu’un proche décédé était au volant lors de l’infraction.
Comment est-ce possible ? Tout simplement parce qu’il existe un délai entre le décès d’une personne et la mise à jour de son dossier administratif. Tant que le fichier n’est pas clos, il reste possible d’attribuer des contraventions à cette personne.
Concrètement, un conducteur flashé remplit le formulaire de désignation en indiquant le nom d’un défunt. Résultat : aucun point n’est retiré dans la réalité, puisque le permis de cette personne n’existe plus. Pendant ce temps, l’automobiliste fautif garde son solde intact.
Un procédé glaçant, qui va parfois bien au-delà du cercle familial.
Le trafic de points des défunts : un marché clandestin
Là où il y a une faille, il y a un marché. Sur internet, certains proposent carrément d’acheter des points de permis appartenant à des morts. Les fraudeurs exploitent des fichiers d’état civil incomplets pour vendre ces identités.
Selon des estimations relayées par des parlementaires, ce commerce peut atteindre jusqu’à 1 000 € le point. Autant dire que ce trafic devient rapidement lucratif pour ceux qui orchestrent ce système macabre.
Mais derrière l’appât du gain, les risques sont énormes.
Pourquoi ces failles existent-elles encore ?
La raison est simple : l’administration ne met pas toujours à jour ses fichiers instantanément. Le croisement entre les registres de décès et le fichier national du permis à points prend parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Ce délai crée une fenêtre d’opportunité pour les fraudeurs, qui s’y engouffrent. Une véritable brèche administrative qui nourrit un trafic aussi absurde qu’inquiétant.
Les sanctions prévues par la loi
Si l’astuce paraît ingénieuse pour certains, elle reste totalement illégale.
Désigner un défunt comme responsable d’une infraction constitue un faux et usage de faux, passible de lourdes peines :
- Jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende (7 ans et 100 000 € en cas de circonstances aggravantes).
- Une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu’à 1 500 €.
- La possibilité de sanctions professionnelles, notamment pour les fonctionnaires.
Comme le rappelle l’avocat Jean-Baptiste Le Dall, ces affaires finissent souvent devant le tribunal correctionnel, avec des conséquences judiciaires et sociales désastreuses.
Les conséquences professionnelles et personnelles
Au-delà de la justice, une telle fraude peut briser une carrière. Pour ceux qui travaillent dans des professions réglementées (chauffeurs, fonctionnaires, professions de sécurité), une condamnation entraîne souvent une radiation immédiate.
À titre personnel, c’est aussi une perte de crédibilité énorme. La fraude pour conserver son permis peut vite se transformer en cauchemar financier, judiciaire et social.
Les contrôles se renforcent
Les autorités ont bien compris l’ampleur du phénomène. Aujourd’hui, les fichiers administratifs sont de plus en plus croisés et automatisés. Les logiciels détectent désormais lorsqu’un conducteur désigné est déjà décédé.
Résultat : ce qui pouvait passer inaperçu hier expose désormais à une forte probabilité de se faire attraper. Le risque dépasse largement le bénéfice espéré.
Quelles alternatives légales pour récupérer ses points ?
Heureusement, il existe des solutions officielles et efficaces pour éviter de sombrer dans l’illégalité.
- Participer à un stage de récupération de points : en deux jours, vous pouvez regagner jusqu’à 4 points.
- Respecter le Code de la route : la meilleure prévention reste encore de ne pas perdre de points.
- S’informer régulièrement sur son solde de points via le site Télépoints.
- Anticiper : certains conducteurs préfèrent suivre un stage avant d’atteindre le seuil critique.
Ces solutions sont non seulement légales, mais elles vous évitent de mettre en péril votre avenir.
Un choix entre la légalité et la fraude
En résumé, cette « astuce » qui consiste à attribuer ses infractions à des défunts est non seulement immorale, mais aussi dangereuse pour ceux qui s’y risquent. Entre amendes colossales, prison et fin de carrière, les conséquences dépassent largement le simple enjeu de garder ses points.
La vraie solution n’est pas de tricher, mais de s’adapter intelligemment : mieux conduire, anticiper ses points, et utiliser les dispositifs légaux à disposition. Car au fond, protéger son permis, c’est avant tout protéger sa vie… et celle des autres.






















