La rentrée scolaire 2025 met le cap sur une série de nouveautés qui impacteront les 12 millions d’élèves en France. Les changements concernent autant les programmes scolaires que les épreuves du brevet et du baccalauréat. Mais ce qui attire également l’attention, c’est la gestion controversée des portables au collège et le déploiement de nouveaux enseignements comme l’éducation à la vie affective et sexuelle. Que faut-il attendre de cette rentrée mouvementée ? Voici un décryptage complet.
Sommaire
- 1 Les téléphones portables au placard : une mesure controversée
- 2 Un nouveau programme d’éducation à la vie affective et sexuelle
- 3 Les maths sous les projecteurs : brevet, bac et programmes repensés
- 4 Réforme du bac : plus de rigueur et moins de pression
- 5 Une rentrée sous le signe de la réorganisation
Les téléphones portables au placard : une mesure controversée
On l’avait annoncé comme une révolution : l’interdiction totale des portables au collège dans le cadre du dispositif « Portables en pause ». Pourtant, à y regarder de plus près, cette grande promesse semble bien moins ambitieuse qu’espéré.
Une mise en œuvre laissée aux établissements
Plutôt qu’une application uniforme, chaque collège choisit sa stratégie, avec des consignes très souples. Selon une circulaire publiée en juillet, la gestion des portables est laissée à la discrétion des chefs d’établissement, qui doivent s’appuyer sur les collectivités locales pour définir la meilleure méthode. Cela pourrait passer par des casiers, des mallettes, ou tout simplement… ne rien changer.
« La loi actuelle suffit dans la plupart des collèges », explique Jérôme Fournier, secrétaire national du Se-Unsa. Selon lui, la mise en œuvre stricte serait compliquée faute de moyens humains. Les assistants d’éducation (AED), déjà débordés, ne pourraient pas assumer la tâche supplémentaire de collecte et de redistribution des portables sans sacrifier d’autres missions.
En réalité, selon l’association Départements de France, les demandes de financement pour ces dispositifs restent rares. Si certains collégiens continueront de garder leur portable éteint dans leur sac, d’autres pourraient ne voir aucune différence dans leur quotidien.
Un nouveau programme d’éducation à la vie affective et sexuelle
Autre sujet sensible de cette rentrée : l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Publié en février après des concertations de près d’un an, ce programme vise à structurer trois séances annuelles obligatoires dans les écoles, collèges et lycées publics et privés.
Un programme largement contesté
Si l’objectif est de dépasser les échecs de la loi de 2001, qui imposait déjà ces séances sans qu’elles soient réellement appliquées, la route semble semée d’embûches. Une partie des milieux conservateurs et de la droite critique violemment le contenu du programme, appuyée par des associations comme Parents vigilants, liées à Reconquête.
Le plus grand défi reste cependant la formation des enseignants, qui se sentent souvent démunis pour traiter ce sujet délicat.
« Nous entendons parler de quelques formations sporadiques, mais elles sont loin d’être suffisantes », déplore Jérôme Fournier.
Pour contrer les désinformations similaires à celles qui avaient alimenté les polémiques autour des ABCD de l’égalité en 2014, la Première ministre Élisabeth Borne mise sur la communication. Des réunions avec les parents en début d’année seront organisées dans chaque établissement, et des supports explicatifs seront distribués aux familles.
Les maths sous les projecteurs : brevet, bac et programmes repensés
Une nouvelle épreuve de maths au bac général et technologique
Les lycéens de première devront désormais passer une épreuve anticipée de mathématiques au printemps. D’une durée de deux heures, elle comptera pour un coefficient 2 et intégrera un questionnaire à choix multiples (QCM) ainsi que deux ou trois exercices.
« Cette nouvelle épreuve remet les savoirs fondamentaux, comme les maths et le français, au cœur des apprentissages », a expliqué Élisabeth Borne.
Mais cette initiative suscite des interrogations. Une partie de cette épreuve repose sur le calcul mental, un exercice rarement pratiqué par les élèves du secondaire, où l’usage de la calculatrice est généralisé. Cette exigence pourrait nécessiter une réforme des programmes en amont, ce qui n’a pas encore été concrètement mis en œuvre.
Un brevet plus exigeant
Du côté du brevet, des changements importants se profilent :
- 60 % de la note finale sera désormais attribuée à l’examen final, contre 50 % auparavant.
- Les notes de 3e seront prises en compte, au détriment de l’évaluation d’un socle commun de connaissances pour l’ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e).
Ces ajustements visent à clarifier les critères de notation et à encourager la progression des élèves tout au long de l’année scolaire.
Des programmes de maths et de français revus
Les enseignants des cycles élémentaires et secondaires auront également à appliquer de nouveaux programmes en mathématiques et en français. Ces changements mettent l’accent sur les savoirs fondamentaux, avec des objectifs annuels détaillés :
- En maths, priorité au calcul et à la résolution de problèmes. Les opposants critiquent toutefois l’importance accordée au « comptage numérotage » plutôt qu’à la compréhension des quantités.
- En français, la lecture rapide est désormais codifiée par des performances mesurées comme la « fluence » (nombre de mots lus par minute).
Pour Élisabeth Borne, ces repères annuels garantissent une progression cohérente. Mais les syndicats dénoncent des programmes jugés trop normatifs et peu adaptés à la diversité des profils d’élèves.
Réforme du bac : plus de rigueur et moins de pression
Le baccalauréat subira plusieurs révisions, mises en avant par la ministre de l’Éducation nationale.
- Moins de clémence au rattrapage : Les élèves devront obtenir une moyenne minimale de 9,5 pour être admis aux oraux de rattrapage. Actuellement, une moyenne de 8 suffit.
- Contrôle continu réformé : Les évaluations retenues pour Parcoursup seront plus encadrées, réduisant la pression sur les élèves et harmonisant les critères.
Ces changements visent à renforcer la valeur du diplôme tout en réduisant les disparités entre établissements.
Une rentrée sous le signe de la réorganisation
Cette rentrée scolaire 2025 symbolise une volonté de l’État : recentrer les apprentissages sur les bases essentielles tout en répondant aux enjeux sociétaux comme l’éducation à la vie affective et relationnelle. Mais ces ambitions se heurtent aux réalités du terrain, notamment le manque de formations pour les enseignants, les contraintes budgétaires et les résistances locales.
Si l’intention est louable, le succès de ces réformes dépendra largement de leur mise en œuvre concrète. Une chose est certaine : cette année scolaire ne manquera pas de défis, pour les élèves comme pour les équipes pédagogiques.





















