La suspension de la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu bouleverse le calendrier prévu pour l’âge légal de départ. Prévue pour repousser progressivement l’âge de 62 à 64 ans d’ici 2030, la loi Borne est désormais gelée — du moins temporairement. Cette décision, en attente de validation par le Parlement, redéfinit la situation de millions de Français selon leur année de naissance. Alors, quel est votre nouvel âge de départ à la retraite ? Décryptage complet et clair de ce changement majeur.
Sommaire
- 1 Que signifie la suspension de la réforme des retraites ?
- 2 Nouvel âge de départ selon votre année de naissance
- 3 Générations 1961 à 1963 : aucune modification
- 4 Générations 1964 à 1968 : les grands gagnants du gel
- 5 Et après 2028 : un retour progressif à 64 ans ?
- 6 Quels critères pour partir à taux plein pendant la suspension ?
- 7 Comment savoir à quel âge vous pouvez partir ?
- 8 Un contexte politique encore incertain
- 9 Anticiper malgré l’incertitude
- 10 Retraite : un horizon à surveiller
Que signifie la suspension de la réforme des retraites ?
La suspension marque un arrêt temporaire de la montée de l’âge légal prévue par la réforme de 2023. Concrètement, l’âge minimum reste bloqué à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028. Une bouffée d’air pour ceux qui approchent de la retraite et craignaient de devoir travailler plus longtemps.
Mais attention : rien n’est encore gravé dans le marbre. Cette mesure doit encore être votée par le Parlement pour devenir définitive. En attendant, elle fige le dispositif et stabilise la situation de nombreux salariés, même si le flou demeure sur sa durée effective.
Nouvel âge de départ selon votre année de naissance
Voici les âges légaux actuels, comparant la réforme initiale et la suspension annoncée. Ce tableau vous permet de visualiser rapidement votre situation selon votre année de naissance.
| Année de naissance | Âge avec la réforme | Âge si la réforme est suspendue fin 2025 |
|---|---|---|
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 62 ans et 9 mois |
| 1964 | 63 ans | 62 ans et 9 mois |
| 1er trimestre 1965 | 63 ans et 3 mois | 62 ans et 9 mois |
| Après mars 1965 | 63 ans et 3 mois | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 64 ans | 63 ans et 9 mois |
| 1969 et suivantes | 64 ans | 64 ans |
💡 Ces chiffres sont fondés sur les annonces politiques actuelles et restent soumis au vote d’une loi.
Au-delà de l’âge, le nombre de trimestres cotisés demeure déterminant pour bénéficier d’une pension à taux plein : il faut en moyenne 170 trimestres. Les dispositifs de carrière longue et de pénibilité continuent d’exister, permettant un départ anticipé pour certains profils.
Générations 1961 à 1963 : aucune modification
Les personnes nées avant 1964 ne sont pas concernées par le gel. Leur âge de départ reste celui fixé par la réforme déjà en vigueur, sans changement ni rétroactivité. Pour elles, la durée d’assurance et les conditions de pension complète demeurent identiques.
Elles avaient déjà anticipé leur départ avec un âge plus élevé, ce qui limite la frustration, même si cette pause peut sembler injuste pour certains qui viennent tout juste de partir.
Générations 1964 à 1968 : les grands gagnants du gel
Les actifs nés entre 1964 et 1968 bénéficient pleinement de la suspension. Leur âge de départ légal reste figé à 62 ans et 9 mois jusqu’en 2028, selon le mois de naissance.
Par exemple :
- Une personne née en janvier 1965 peut partir à 62 ans et 9 mois.
- Une autre née en septembre 1965 devra attendre 63 ans.
Le gain est parfois modeste (un ou deux trimestres), mais pour beaucoup, cela signifie partir quelques mois plus tôt que prévu — une différence non négligeable quand on a déjà plusieurs décennies de carrière derrière soi.
Et après 2028 : un retour progressif à 64 ans ?
Si aucune nouvelle loi n’est votée d’ici là, le rehaussement de l’âge légal reprendra automatiquement à partir de janvier 2028. Chaque année, trois mois supplémentaires seraient ajoutés, jusqu’à atteindre 64 ans en 2030.
Les travailleurs proches de la retraite doivent donc rester attentifs aux annonces politiques. Un nouveau gouvernement ou une majorité différente pourrait relancer le débat sur la réforme structurelle du système. Rien n’est figé dans le marbre.
Quels critères pour partir à taux plein pendant la suspension ?
Même avec le gel de la réforme, les conditions pour obtenir une pension complète restent identiques :
- Âge minimal fixé à 62 ans et 9 mois jusqu’en 2028.
- 170 trimestres cotisés nécessaires (soit environ 42 ans et demi de carrière).
- Départs anticipés toujours possibles pour les carrières longues ou les métiers pénibles.
Ces critères garantissent une certaine équité entre générations, même si certains dossiers devront être réexaminés à la lumière du nouveau cadre législatif.
L’administration tiendra compte de la période de suspension pour évaluer les droits acquis.
Comment savoir à quel âge vous pouvez partir ?
Pour déterminer votre âge exact de départ :
- Consultez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr.
- Vérifiez le nombre de trimestres validés.
- Identifiez votre année et mois de naissance.
- Appliquez le barème correspondant au scénario de suspension.
En cas de doute, un simulateur officiel ou un conseiller retraite peut vous aider à recalculer votre départ selon la dernière législation.
Un contexte politique encore incertain
La suspension n’est pas encore une abrogation. Elle constitue plutôt une pause stratégique destinée à calmer les tensions sociales et à rouvrir la concertation. Les syndicats y voient une victoire provisoire, tandis que le patronat craint une instabilité législative nuisible à la prévisibilité économique.
Pour les Français, cette situation hybride crée un climat d’attente : faut-il accélérer son départ avant 2028 ou attendre une éventuelle refonte plus favorable ?
Anticiper malgré l’incertitude
La meilleure approche reste la préparation personnelle. En ajustant dès maintenant son projet de départ, chacun peut tirer parti du gel temporaire :
- Vérifier ses trimestres manquants.
- Étudier la possibilité d’un rachat de trimestres.
- Calculer l’impact d’un départ différé sur sa pension.
Car même si la réforme est suspendue, le débat sur la soutenabilité du système de retraite n’est pas clos. Et de nouvelles évolutions pourraient survenir dès la prochaine législature.
Retraite : un horizon à surveiller
En somme, la suspension de la réforme des retraites offre un répit bienvenu à ceux qui s’apprêtaient à franchir le cap. Mais elle ne constitue qu’un report partiel, pas une annulation définitive.
Pour les générations nées entre 1964 et 1968, c’est une opportunité à saisir pour partir un peu plus tôt — à condition d’avoir validé suffisamment de trimestres.
D’ici 2028, tout reste possible : maintien du gel, nouvelle réforme ou reprise du calendrier initial.
Restez donc vigilants, car dans le grand feuilleton des retraites, rien n’est jamais vraiment terminé.






















