Le lac de Grand’Maison se déploie à 1695 mètres d’altitude, aux confins de l’Isère et de la Savoie, dans le massif prestigieux des Grandes Rousses. Cette retenue artificielle spectaculaire résulte d’un chantier titanesque initié en 1978 et achevé en 1985. Le barrage, construit selon les principes du barrage de Serre-Ponçon, impressionne par ses dimensions : 550 mètres de longueur et 140 mètres de hauteur. Sa capacité de stockage atteint 140 millions de mètres cubes, dont une centaine provient de la fonte nivale annuelle. Ce géant de terre et d’enrochements, doté d’un noyau étanche de plus de 100 mètres à sa base, constitue l’infrastructure hydroélectrique la plus puissante du territoire français.
À retenir
| Points clés | Précisions essentielles |
|---|---|
| 🏔️ Localisation et dimensions du barrage | Situé à 1695 mètres d’altitude entre Isère et Savoie, 140 mètres de hauteur |
| ⚡ Infrastructure hydroélectrique majeure | Produire l’équivalent de deux réacteurs nucléaires lors des pics de consommation |
| 🔄 Système STEP innovant | Relier deux lacs séparés de 970 mètres de dénivelé pour stocker l’énergie |
| 🥾 Randonnées panoramiques accessibles | Découvrir des sentiers balisés offrant des vues sur les Aiguilles de l’Argentière |
| 🎣 Pêche en lac de montagne | Profiter de truites de première catégorie du 7 juin au 12 octobre |
Un barrage à la prouesse technique exceptionnelle
L’histoire du barrage de Grand’Maison remonte aux années 1970, lorsque les premiers ingénieurs explorèrent cette vallée isolée du massif de l’Oisans. Les habitants de Vaujany observèrent avec inquiétude l’arrivée de ces prospecteurs qui allaient transformer leur existence. Le site, situé derrière le col du Sabot, présentait des caractéristiques géologiques idéales pour accueillir la plus grande installation hydroélectrique française. Le nom Grand’Maison perpétue le souvenir d’une bâtisse qui occupait autrefois cette vallée, désormais engloutie sous les eaux.
Les travaux pharaoniques mobilisèrent des centaines d’ouvriers de différentes nationalités entre 1980 et 1985. Vaujany se métamorphosa en cité ouvrière temporaire, accueillant ces mercenaires du chantier. Les habitants participèrent activement, certains sur les travaux, d’autres gérant une cantine pour nourrir cette population cosmopolite. Une atmosphère de Far West régnait alors, la poussière ayant remplacé la quiétude du village rural. Un train provisoire acheminait les gravats depuis la montagne jusqu’au Collet, transformant radicalement la topographie locale. Les actuels terrains de tennis occupent un espace autrefois appelé près des prés, zone marécageuse métamorphosée par l’accumulation du remblai du barrage.
La centrale fonctionne selon un système de transfert d’énergie par pompage (STEP), reliant la retenue supérieure au lac du Verney situé 970 mètres plus bas, à 725 mètres d’altitude. Une galerie creusée dans le massif du Rissiou par un tunnelier accueille la conduite connectant les deux bassins. Durant les pics de consommation, l’eau turbinée génère une électricité équivalente à celle de deux réacteurs nucléaires de génération précédente. La nuit et les week-ends, le processus s’inverse : l’eau remonte par pompage pour capitaliser l’énergie excédentaire.
Activités et découvertes autour de la retenue
Accessible depuis le col du Glandon par la départementale 526, le lac offre des perspectives variées aux visiteurs. Le premier parking, établi à 1734 mètres, constitue le point de départ idéal pour plusieurs itinéraires. Un sentier panoramique surplombe la retenue depuis le niveau de la passerelle en ciment à 1711 mètres. Bien que parfois étroit et en dévers, ce chemin balisé de points orange récompense l’attention nécessaire par des vues exceptionnelles sur les Aiguilles de l’Argentière, le Rocher Blanc et le Rocher Pilliozan.
La randonnée traverse la combe du Rif Blanc avant d’atteindre le point 1723, où un embranchement conduit vers le ruisseau de la Petite Lauze. La cascade mérite un détour pour son spectacle naturel. L’itinéraire se poursuit à travers des pentes herbeuses où la sente se fait progressivement plus discrète, jusqu’à la cabane de la Lauze où bergers et troupeaux perpétuent une tradition pastorale séculaire. Cette balade d’une demi-journée permet également de contourner la retenue avant de remonter par Oz. Les randonneurs disposant de davantage de temps peuvent prolonger vers le chalet de Montfroid, le lac Nicolas à 2371 mètres, puis la Croix de Picheu culminant à 2524 mètres.
| Caractéristiques du parcours | Valeur |
|---|---|
| Altitude minimale | 1706 m |
| Altitude maximale | 2060 m |
| Dénivelé cumulé | 360 m |
Informations pratiques pour votre séjour
La retenue de Grand’Maison surprend par sa richesse piscicole, inhabituelle pour un lac de montagne. Les eaux abritent de magnifiques truites, classées en première catégorie sur le domaine public. La saison de pêche s’étend du 7 juin au 12 octobre 2025. Les tarifs varient selon plusieurs formules :
- Carte adulte annuelle : de 59,80 à 100 euros
- Carte adolescent (12-18 ans) : de 20,80 à 26 euros
- Permis journalier : de 11,10 à 16 euros
- Formule hebdomadaire : de 21 à 35 euros
- Carte découverte femme : à partir de 40 euros
- Carte découverte moins de 12 ans : de 6 à 7 euros
La flore alpine environnante révèle des trésors botaniques, avec notamment des joubarbes et campanules qui colonisent les versants exposés. La route de l’Enversin offre un terrain plat parfait pour le footing ou les promenades familiales sans difficulté. Hors haute saison touristique, la route conduisant au col du Sabot reste praticable, permettant de rejoindre le col de la Croix de Fer après avoir longé les rives du lac. Cette configuration géographique privilégiée fait de Vaujany et ses environs une destination prisée des amateurs de montagne authentique, où l’infrastructure hydroélectrique s’intègre harmonieusement dans un écrin naturel préservé.






















